VTC: des chauffeurs illégaux seraient encore en activité

March 7, 2018

Afin d'échapper aux nouvelles contraintes liées à l'obtention de la carte professionnelle, des chauffeurs feraient appel à des faussaires avant de s'inscrire sur les plateformes. Un nouveau sésame, plus sécurisé, devrait permettre d'y mettre un terme.

«Aujourd'hui, des dizaines de faussaires continuent de vendre des cartes falsifiées.» Sayah Baaroun, du syndicat SCP VTC, dénonce une méthode illégale qui semblerait avoir encore cours en France. Depuis l'application de la loi Grandguillaume, les chauffeurs doivent réunir plusieurs conditions pour obtenir leur carte professionnelle VTC: avoir le permis B depuis plus de trois ans, un casier judiciaire vierge et valider un examen VTC. Devant ces nouvelles exigences, certains préfèreraient s'adresser à des faussaires. «J'attends d'être en règle pour travailler et, pendant ce temps-là, des imposteurs véhiculent des clients sans autorisations», déplore Fabien, chauffeur VTC en région parisienne.

 

En février 2017, les policiers de la Direction de renseignement de la préfecture de police (DRPP) avaient démantelé un réseau de faussaires de carte professionnel VTC. À l'époque, près de mille resquilleurs répartis sur toute la France, principalement des personnes sans-papiers, auraient bénéficié de ces faux. Malgré ce coup de filet, le nombre de chauffeurs illégaux pourrait avoir augmenté. «Sur tout le territoire, les 3000 à 4000 chauffeurs illégaux qui avaient disparu après la loi Grandguillaume reviennent en force sur les plateformes», estime le syndicaliste Sayah Baaroun. Des chiffres jugés «totalement improbables» par le major Pierre Pipéris, responsable des Boers - la police des taxis - à la préfecture de police de Paris. «Il arrive que nous effectuions des contrôles de fausses cartes VTC, mais pas quinze par jours», précise-t-il.

800 euros pour une fausse carte professionnelle VTC

Pour se procurer une fausse carte, «c'est très facile», raconte Fabien, chauffeur de VTC. Les moins chères se négocieraient «à partir de 800 euros», selon lui. Pourtant, si les candidats réunissent les conditions pour prétendre au statut professionnel VTC, des formations préparant à l'examen existent. On en trouve à tous les prix, de 150 jusqu'à 1500 euros. Cependant, même si l'opération est parfois moins coûteuse qu'une fausse carte professionnelle, «elle ne garantit pas la réussite à l'examen», estime un responsable CFDT transport.

Une fois la fausse carte en main, il serait relativement simple de s'inscrire sur les plateformes en ligne. «Elles ne vérifient pas l'authenticité des documents», assure Fabien. «Nous avons déjà contrôlé des chauffeurs qui ont ouvert leur compte avec des faux documents», renchérit le major Pierre Péris. «Si un faux document est découvert, une enquête est diligentée pour faux et usage de faux en écriture administrative», ajoute-t-il.

Le contrôle est l'unique moment où il est possible de vérifier la véracité des documents. En effet, même si les plateformes communiquent les dossiers des chauffeurs à la préfecture en amont, il s'agit de photocopies. Difficile, dans ce cas, de vérifier l'authenticité des pièces fournies. Pourtant, Uber France assure que «chaque inscription individuelle de chauffeur est validée par deux experts».

Un nouveau format de carte plus sécurisé

Après le coup de filet de février 2017, de nouvelles cartes professionnelles VTC sont entrées en circulation. Elles sont imprimées au format carte de crédit, et courant 2018 «elles seront dotées d'un QR code rassemblant toutes les informations sur le chauffeur (identité, inscription au registre des VTC, validation de la visite médicale…)», précise la préfecture de police. «Elles sont beaucoup plus compliquées à falsifier», précise Pierre Piperis. D'ailleurs, celui-ci relève que depuis leur mise en place, «le nombre de contrôle de fausses cartes est en baisse». «Nous savons que l'ancien format de carte pouvait être sujet à des fraudes, mais le nouveau semble atténuer ce risque», commente pour sa part Uber France.

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